Pièges et problèmes de télémétrie en HFT 

La clé du succès en HFT n’est pas seulement liée à l’adresse du tireur, mais surtout à la précision avec la quelle est faite l’estimation de la distance qui sépare la cible de la ligne de tir.


Il est vrai qu'un zérotage à 32 mètres d’un calibre 4,5mm tiré avec une énergie de 16j permet de faire basculer toutes les cibles de 40mm située entre 7m et 38 m et ce en ne visant uniquement que le centre de la cible, sans apporter aucune correction de hausse. C'est une méthode très courante (appelée en Angleterre « tirer puis espérer »). Adoptée par un très grand nombre de tireurs HFT débutants, cette méthode exploite la facilité et la chance et si les tireurs qui l’adoptent font régulièrement des scores moyens, ils réalisent rarement pour ne pas dire jamais des scores exceptionnels. (ça n’engage que moi et n’enlève rien aux talents de ces tireurs.)

Pourquoi l’estimation des distances est-elle si importante en HFT?

Tout d'abord, toutes les HZ ne font pas 40mm de diamètre Si vous utilisez cette approche vous allez connaitre des problèmes avec les HZ de 25mm placées à 20 mètres par exemple !


Ensuite, et surtout il y a d'autres facteurs à prendre en considération, et le vent est le plus important et le moins prévisible bien sûr. Bien estimer la distance c’est la garantie d’être verticalement bien centré dans la hit zone. Tenter de placer votre plomb dans la partie la plus large de la HZ (donc sur le diamètre horizontal), vous laissera la plus grande marge d’erreur tolérable dans le cas où vous sous estimez la dérive due au vent.



Nous allons couvrir la question de l'estimation du vent dans une autre section, mais vous devez aussi être conscient que le vent ne fait pas que sauter de gauche à droite, il peut aussi influer sur la trajectoire verticale du plomb et remonter ou abaisser le point d’impact théorique auquel vous vous attendiez. (Mais c’est une autre histoire). Il existe plusieurs méthodes de télémétrie adaptées au HFT, en adoptant uniquement l’une d’elle vous augmentez la probabilité de manquer de temps à autres vos cibles sans comprendre pourquoi et ce serait vraiment dommage.



La méthode du « tirer puis espérer » que j’appelle personnellement « au petit bonheur la chance » est non adaptée bien évidemment aux tireurs dignes de ce nom. Néanmoins utilisée par un certain nombre de tireurs, cette méthode, de par les erreurs quelle occasionne, peut nous être utile pour identifier les pièges qui ont étés tendu par les concepteurs des parcours ainsi qu’à mieux apprécier le vent! Je m’explique:

Exploiter les erreurs des autres concurrents

En regardant à travers votre lunette, si vous remarquez que la grande majorité des impacts présents sur la cible sont presque tous plus bas que la HZ, alors vous devrez peut-être revoir votre estimation à la hausse et inversement s’ils sont trop hauts. Si nombre de tireurs sont tombés dans le piège d’une télémétrie erronée, il y a des  chances que vous soyez également victime de ce genre d’erreur.


Etre capable d'identifier la cause probable de vos échecs aussi bien que ceux des autres compétiteurs vous aidera à résoudre vos problèmes. Ca parait être une lapalissade, mais IDENTIFIER les erreurs (les siennes et celles des autres) n’est pas toujours quelque chose d’évident.


Si vos observations vous font penser que la distance réelle est très différente de la fourchette d'estimation ne le laisse penser, alors vous devez supposer que les tireurs qui ont manqué la cible, sont tombés dans un piège tendu par les concepteurs du parcours. Il faut aussi être conscient que ce fait peut est dû à l’influence du vent qui sur ce couloir particulièrement, « écrase « la trajectoire des plombs. Vous devez aussi prendre en compte cette possibilité. (Ce sera bientôt l’objet d’une autre de mes réflexions)

Certaines méthodes de télémétrie fonctionnent bien,

- Mais uniquement à certaines distances.

- D’autres distances sont plus indulgentes aux erreurs d’estimation.


Je diviserai donc en 2 catégories les techniques de télémétrie.


Les méthodes qui peuvent s’appliquer à toutes les distances.
Les méthodes qui s’appliquent qu’à certaines plages de distances.



Par exemple, vous devez utiliser des méthodes différentes pour l’estimation précise des cibles situées entre 35m et 42m par rapport aux cibles plus proches situées à 11 mètres et moins.

Techniques d’estimation

Méthode générale applicable à toutes les distances

Se reposer sur le règlement.
Bien avoir en mémoire que les cibles dont les « hitzone » mesurent :


· De 15 à 19 mm doivent être placées à une distance de 12 à 23 mètres,
· De 20 à 24 mm doivent être placées à une distance de 7 à 27 mètres,
· De 25 à 34 mm doivent être placées à une distance de 7 à 37 mètres,
· De 35 à 45 mm doivent être placées à une distance de 7 à 42 mètres.


Et pour les positions de tir imposées :


- 32 mètres pour les hitzones de 35 à 45 mm,
- 27 mètres pour les hitzones de 25 à 34 mm.


Aussi incompréhensible que cela puisse paraître, vous seriez surpris de connaitre le nombre de tireurs qui n'ont jamais lu le règlement du HFT.
Les points indispensables du règlement à connaître sont :
- Les distances maximales autorisées pour les différentes tailles de HZ
- Les distances maximales pour les positions de tir imposées.


Par exemple :


Si un couloir de tir vous impose la position, « debout » ou «agenouillé», vous devez savoir que la cible ne peut pas être éloignée de plus de 32 mètres.


Si la HZ est très petite (15mm par exemple) alors vous savez qu'il ne peut y avoir plus de 23 mètres entre vous et la cible.


C’est simple et fort utile, donc il serait « stupide » de passer à côté de telle informations.

Le mil est une distance qui représente le millième de la distance qui sépare la cible de la lunette (à grossissement x10).


Si la distance de la cible est de 50m le millième vaut 50 mm, si la cible est située à 15m un mil représente 15mm (à x10) etc...


Une lunette mildot possède un réticule marqué de points (dot en anglais) séparés par une distance centre à centre d’un mil ou un mildot.
Maintenant si votre lunette est du type « second focal plane » la valeur d’un mildot change en fonction du grossissement de celle-ci.


Reprenons notre exemple ci-dessus :


A 50m un mildot représente 50 mm pour un grossissement x10 mais pour un grossissement x12
il représente 10/12 *50 = 41,67mm (le zoom est 1,2 fois plus important, la valeur mildot est 1,2
fois plus faible.


A 15 m le mildot vaut 15mm à x10 de grossissement et 3mm à x50 de grossissement (5 fois
moins).


Tous les réticules « mildot » ne sont pas de vrais mildots (malgré ce que les fabricants disent).
Je veux dire par là : que pour obtenir un mil entre 2 graduations consécutives, le zoom ne sera
pas forcément positionné sur x10 mais sur une valeur proche certe, mais pas x10.
Pour vérifier si le vôtre est un vrai « mildot » ou un « Moldot » (un faux mildot), il faut
effectuer un petit test très simple.


Tracez des lignes parallèles espacées d’une distance connue et placez là à une distance connue
Puis effectuer une mesure en utilisant le système mildot, effectuez ensuite le calcul.


Exemple :


Si je trace des lignes séparées de 10 mm et si cette cible est placée à 30m je dois mesurer un
écart de 1/3 de mildot entre 2 lignes consécutives soit 3 lignes pour 1 mildot.
Autre exemple
30mm entre chaque dot donc à 30m avec un zoom x10 les dots du réticule doivent
correspondre aux dots de la cible.



Si ce n’est pas le cas, ma lunette est une moldot. (LOL) mais ce n’est pas si grave que ça donc pas de panique.

Si la lunette possède un zoom, faites varier celui-ci jusqu’à ce que la mesure soit correcte. La valeur du zoom est à repérée et correspond à votre valeur X10 théorique Voir ce sujet .


C’est une information très importante non seulement pour l’estimation des distances par Bracketing mais aussi et surtout pouvoir contre viser de façon rigoureuse. 
Imaginer mesurer une distance avec un mètre qui ne ferait pas la bonne taille mais en plus dont vous ignorerez sa grandeur réelle.



(Maintenant si votre lunette est du type « first focal plane, la taille du réticule change en fonction du grossissement et la valeur du mil reste identique quel que soit le grossissement. Ce cas est assez rare en HFT)

Sous-divisions d’un réticule mildot et bracketing

Mildots ou moldots?

Bracketing le principe

Lorsque vous commencez à utiliser cette méthode, vous serez surpris par le degré de précision, que l’on peut atteindre, et vous serez plus que probablement tenter d’ignorer toutes les autres méthodes de télémétrie en faveur de celle-ci.


Le meilleur conseil que je puisse vous donner est de ne pas céder à cette tentation !!!!!!


- J'utilise cette méthode en dernier recours quand tout le reste a échoué.


La théorie du bracketing, c'est que la taille apparente d'un objet de taille connue sera différente à des distances différentes.
Plus loin ce trouve l’objet, plus petit il apparaitra dans votre lunette et ce de façon proportionnel à la distance et à la taille de l’objet. Si l’on connait la taille de l’objet et le grossissement de la lunette, il est facile d’en déduire la distance.


C'est ce pourquoi le réticule mildot a été inventé et il fonctionne étonnamment bien en fait.
La précision de cette télémétrie dépend totalement de la connaissance précise de la taille réelle de l’objet mesuré, taille qui n’est pas forcément connue avec une précision nécessaire, par le tireur de HFT.


Au début de l’histoire du HFT, il n’y avait que deux tailles de HZ : 40mm et 25mm, donc il était assez facile de déterminer les distances avec précision par cette méthode et c’est ce qui lui donné cette réputation de fiabilité et de solution universelle incontournable.


Aujourd’hui nous avons des HZ de toutes tailles de 15mm à 45mm (en théorie), même si en pratique, les organisateurs utilisent bien souvent les tailles standards (15-20-25-35-40).


Donc, la télémétrie par bracketing des HZ n’est plus aussi précise.
Il y a cependant une petite astuce que vous pouvez utiliser pour la rendre plus fiable.
La distance entre le haut de la charnière de la cible et le centre de la HZ (peu importe sa taille) est toujours d’environ 108 mm sur toute les cibles Nockover et Gamo (et généralement sur les cibles modifiées aussi), ce qui offre l’avantage d’une mesure plus facile à effectuer que sur la HZ et en plus elle ne dépend pas de la taille de celle-ci.


(Voir ce sujet) http://www.field-target.fr/forum/viewtopic.php?f=7&t=16


Mais malgré cette astuce, cette méthode à ses limites et ne doit pas être, je le répète, la méthode principale d’évaluation des distances. Les tireurs d’expérience qui savent tout cela, ont plaisir à faire croire aux autres tireurs qu’ils pratiquent cette technique. C’est de bonne
guerre, alors ne les croyez pas.


Le problème avec cette méthode est que, premièrement, elle vous oblige à tenir votre arme parfaitement immobile pendant la mesure donc elle n’est réellement efficace qu’en position couchée ou avec appuis. Elle n'est pas particulièrement précise passée la distance de 32-35 mètres (et le plus grand problème, que cette méthode est bien connue par les concepteurs de parcours qui soit masquent la partie basse de la cible, soit utilisent des cibles « custom » dont les dimensions ne sont pas standards, ainsi que bien d’autres astuces sur lesquelles nous reviendrons

« En HFT, le système mildot est le principal moyen d’évaluer les distances »
Il s'agit d'une idée reçue, et bien que fausse, elle est très répandue.


Idée que j’ai souvent défendue tout en sachant que mes arguments n’étaient pas totalement justes. Mais il faut bien commencer par les bases lorsque l’on aborde une nouvelle discipline.


Aujourd’hui avec ce que vous devez connaitre du HFT vous êtes prêt à entendre un nouveau son de cloche. (La cloche ce n’est moi quoi que LOL) La vérité vraie, si je puis dire, quant à l’exploitation du système mildot pour l’estimation des distances par la méthode du « bracketing » ( en prenant comme référence soit la hauteur de la
cible ( cas des cibles Nockover) soit la taille de la HZ) , est une fausse solution universelle, car elle est rarement exploitable.


Les concepteurs des parcours de tir exploitent souvent les failles de ce système pour y introduire des pièges. Je vais tenter de décrire le bracketing mildot parce que c'est un sujet basique qu’il faut maîtriser, mais ne tombez surtout pas dans le piège de croire que la quantité de lignes d’écriture consacrée à ce sujet est un signe évident de son importance. Cependant, en HFT, le système Mildot est très utilisé, mais pour tout autre chose que la télémétrie.


L’intérêt principal est qu’il offre le choix entre plusieurs repères de hausse inscris sur son réticule et donc de pouvoir contre-viser efficacement et précisément aussi bien verticalement qu’horizontalement dans les cas ou le vent souffle. Cette fonctionnalité est de loin plus importante que sa possible utilisation en télémétrie.


Voir ce petit programme (flash) sympa 

 

Le Bracketing est-il la solution aux problèmes de télémétrie?

Bien connaitre et reconnaitre les cibles du commerce est un avantage facile à acquérir 

1. Les cibles standards du type Nockover sont de loin les plus répandues sur les parcours de HFT. On peut estimer à plus de 20000 cibles de ce type réparties dans le monde.


2. Gamo diffuse des cibles inspirées des Nockover depuis quelques années et à des prix plus bas, mais d’une qualité bien moindre. Il est dit que pour faire basculer une cible Gamo il faut une force de 1,600g alors que 450g suffisent pour la Nockover. Ce qui veut dire qu’un fragment de plomb peut faire basculer ce genre de cibles.


3. Les cibles de fabrication artisanale se font de moins en moins rares, même sur les parcours officiels. Elles présentent l’avantage d’avoir des formes différentes, parfois humoristiques et dont les proportions et dimensions sont complètement inconnues de la plupart des tireurs. Ce sont d’excellents pièges à tireurs mal entraînés


Pour ce qui est de la télémétrie, les cibles Gamo et Nockover peuvent être mises dans la même
catégorie, car pour de leurs mécanismes partagent les mêmes dimensions.


Voir ce sujet 

 

Connaitre les cibles

Un concepteur de parcours expérimenté ne manquera pas de bien s’imprégner de l’environnement mis à sa disposition afin de placer les cibles dans des endroits prédisposés à leurrer le tireur et rendre le tir difficile.


Il y a deux types principaux de pièges couramment utilisés :
Rendre l’estimation de distance très difficile et les angles particulièrement techniques. Voir même une combinaison des deux. Un piège assez courant consiste à placer une cible dont la HZ fait 45mm à 42m mètres, mais dans un endroit où l’environnement naturel et la lumière poussent à estimer une distance plus courte.


L'intention de ce type de piège est d'essayer de surprendre ceux qui vont trouver la taille de la HZ en « brackettant ». Dans ce cas, Il est prévu que la victime prenne la HZ de 45 pour une 40mm. Si cette cible est placée à l’ombre, les conditions d’éclairage feront que l’estimation visuelle sera pessimiste.

 

Attention aux pièges

L'autre type de piège mis en place par les concepteurs de parcours, exploitent les problèmes liés à la balistique des armes utilisés pour la pratique du HFT. Peu importe si vous utilisez un zérotage à 22m ou à 32m, il peut être très payant de bien mémoriser la courbe balistique de son arme.


Il y a des situations où, estimer précisément la distance d’une cible n'est n’est pas suffisant.


Vous devez également être capable d’estimer la distance des obstacles situés sur le couloir et d'apprécier leur importance et leur influence possible sur la trajectoire de votre plomb. 

Il y a deux pièges qui en découlent.



- Un piège que les organisateurs utilisent, consiste à placer un obstacle à environ 25m lequel vous permet de voir l’intégralité de la HZ d’une cible située elle à 35m par
exemple, mais n’autorisant pas assez d’espace libre pour être en mesure d'atteindre la cible sans risquer de toucher l’obstacle situé au premier plan. (Regardez une cible c50 à travers un trou de serrure, vous la voyez en entier, maintenant essayer de l’atteindre sans exploser la porte lol)


- Un autre piège qui sort de l’imagination tordue des concepteurs est de positionner un peg (piquet de tir) devant un petit monticule très proche de la ligne de tir
(généralement autour de 7m) et aligné avec la cible. Si vous ne connaissez pas la contre-visée nécessaire à 7 mètres (environ 2,5 mildots) alors vous pouvez très bien
tirer dans la bute de terre (ou l’obstacle) et ce même si vous avez, à travers votre lunette, une vision dégagée de la HZ (n’oubliez pas que la lunette est bien plus haute
que le canon, ce qui est la cause de bien des destructions de chrony).


Bien appréhender la trajectoire que vous allez exploiter, connaitre la trajectoire balistique de votre arme et connaître la distance où les difficultés du parcours se posent vous permettra de contourner ce genre de piège courant.

 

Connaitre la trajectoire d’un calibre 4,5mm en 16 joules
zéroté à 32 mètres

Lorsque vous arrivez sur un parcours, il faut essayer d’appréhender et de retenir au maximum l’architecture de celui-ci. Essayez de prendre un maximum de repères visuels.

 

Cherchez des indices

Très souvent, une grande partie sinon l'ensemble des couloirs de tir sont alignés. Si vous pouvez correctement évaluer la distance d’une cible, vous aurez alors un point de référence fiable qui vous aidera à évaluer la distance par rapport à la ligne de tir.


Par exemple, si vous tirez une cible à 32m (ou même si vous la manquer), mais que vous êtes en mesure de voir où votre plomb s’écrase, cette information peut vous donner une indication fiable sur la distance réelle de la cible. Dans ce cas ,tout ce que vous avez à faire, c’est de vous rappeler la position d’un arbre ou d’un autre point de repère comme une pierre, un monticule de terre ou tout autre objet remarquable se situant à la même distance et que vous assimilerez aux 32 mètres en question.
Vous pouvez utiliser cette information pour les cibles suivantes.


D’autres repères naturels peuvent exister sur le terrain et il serait long d’en dresser une liste, mais je peux citer par exemple les piquets des parcs à bestiaux qui sont souvent plantés à des distances régulières, les chemins condamnés qui mènent vers les cibles et qui sont jonchés de pierre souches et autres repères naturels etc. etc….
Bien sûr ce ne sont pas uniquement les cibles précédentes qui présentent un intérêt.


Il est souvent payant de chercher des indices sur les cibles que vous n'avez pas encore de tirer. Vous pouvez très bien allez voir la ou les cibles suivantes, pendant que vous attendez votre tour.


En HFT, Il faut savoir observer et retenir, non pas se déplacer le nez au sol tout en recherchant la concentration, dans ce cas vous passeriez à côté de beaucoup d’informations utiles.

Apprendre des cibles précédentes

En l'absence d’indice significatif, il ne faut pas sous-estimer la précision de votre vision binoculaire surtout si elle est entraînée.


Pour entraîner votre vision stéréoscopique à évaluer les distances, rien de plus facile. 
Lorsque vous vous promenez dans la rue, par exemple, essayez d’évaluer la distance qui vous sépare d’un mobilier urbain ou d’un arbre ou même d’une voiture stationnée , puis vérifiez votre évaluation en arpentant cette distance tout en comptant le nombre de pas qui vous séparent de l’ojet. (Un conseil faite le de façon discrète si vous ne voulez pas passer pour un farfelu et finir au poste). Le mieux est de commencer à évaluer toujours la même distance, disons 10 mètres, puis lorsque cette distance ne vous posera plus de problème, vous passez plus facilement aux multiples de 10m car il vous suffit de reporter x fois cette distance qui vous ser devenue familière.


Passez enfin à toutes les distances intermédiaires et ce dans toutes les conditions d’éclairage :
plein soleil, pénombre, éclairage mixte etc.


Avec un bon entrainement, cette méthode visuelle fonctionne étonnamment bien pour les distances de plus de 30m.


Par contre vous devez être conscient que votre vision binoculaire peut être dupée par différentes conditions d'éclairage et autres illusions d'optique.
Votre vue peut se laisser berner par une plaque frontale d’une cible de couleur différente (un autre piège à surveiller), de sorte qu'elle n'est pas toujours la méthode de télémétrie la plus fiable non plus, mais elle est rassurante.

La vision binoculaire

Oui, je sais bien que le règlement du HFT ne vous autorise pas à ajuster votre lunette pendant le tir, mais il n'y a rien dans les règles qui vous impose de régler, avant de commencer la compétition, votre parallaxe à une distance définie.


La méthode d’estimation que je vais décrire est de loin la plus fiable pour les cibles situées au-delà de 35 mètres.


Exemple :


- Premièrement, si vous avez un grossissement variable, il faut décider du grossissement qui vous convient (x10 pour cet exemple)

- Puis régler votre point de netteté approbativement à 23m (distance qui pour moi est le plus technique)

- Positionner une cible ou une mire à 32mètres et affiner le réglage de parallaxe de votre lunette pour que la cible soit légèrement floue. Vous pouvez vous assurer de la justesse de ce réglage en regardant dans votre lunette et en vous concentrant uniquement sur la cible (oubliez le réticule), lorsque la cible est nette, vous remarquerez que votre réticule est légèrement flou. De même, lorsque vous vous concentrez sur votre réticule, vous remarquerez que la cible est légèrement floue. En utilisant cette méthode, les cibles situées à 32m sont facilement identifiables.


Ce réglage particulier devrait garantir une « parallaxe» pour:


- La plage de distance 7,3m-9m identique à la distance max de 42 m (netteté toute
relative puis que la cible sera flou, la HZ sera identifiable mais les impactes des plombs
seront difficilement perceptibles)
- 11m identique à 37m
- 13m identique à 32m
- La plage 15m- 28m netteté quasi parfaite.
- 32m avec un très léger manque de netteté (comme indiqué ci-dessus)
- 37m la cible est floue mais l’on peu identifier distinctement les impacts des plombs.


Avec cette méthode, croisée avec une connaissance parfaite du règlement, il vous sera possible de déterminer avec précision la distance des cibles situées à 7m, 12m, 23m,32m, 37m et 42m et ce sans équivoque.


Toutes les lunettes ne sont pas parfaiteent adaptées à cette technique, et il vous faudra adapter ce principe en fonction de votre optique.
La qualité des optiques est assez variable. Vous devez savoir que certaines lunettes sont plus sensibles que d’autres aux variations de température, certaines sont plus ou moins lumineuses, la finesse de définition des unes n’est pas celle des autres etc.…


Essayez de régler votre lunette dans des conditions de lumière identiques à ce dont vous risquez d’être confronté tout au long du parcours. Si vous êtes susceptibles de tirer dans un sous-bois assez sombre, régler votre parallaxe dans un endroit sombre.


L’exploitation des défauts de parallaxe est une astuce qui fonctionne aussi bien de pré que de loin, mais cette méthode a besoin d’être adaptée en fonction des caractéristiques optiques de votre lunette. C’est la methode reine.

La télémétrie par l’exploitation des défauts de parallaxe

Avec des HZ très réduites, une erreur d’estimation entre une cible située à 9 mètres et une cible située à 7 m (ou vice versa) est suffisante pour manquer!
Sur certaines cibles, ce n’est pas aussi critique, mais pour les très petites HZ, une erreur d’1 mètre dans l'estimation de la distance peut vous faire perdre un point et un point plus un point c’est le match qui vous échappe.


Si vous envisagez d’arpenter le terrain afin de vous assurez de la distance de la cible, il ne se passera pas longtemps avant que vous ne soyez expulsé. (Ce n’est donc pas la bonne méthode).

Une méthode très simple et étonnamment précise,en plus d’être « légale », existe, mais il vaut mieux la garder secrète.


Positionnez vous sur le peg et regardez longuement la position de la cible, puis essayez d'imaginer que vous êtes debout au centre d'un cercle qui passe par la cible. Vous devriez être en mesure de projeter de façon assez précise d'un arc de cercle qui passe par la cible et par un autre objet qui se trouve sur le chemin d’accès au poste par exemple.


Si vous avez pris la peine (discrètement et au moment de l’accès au poste) de marquer ou repérer sur le chemin les distances de 7 m et de 10m voir même 12m, il vous sera facile par cette méthode de projeter la distance de la cible sur un de ces repères. Il ne sagit que d’une projection visuelle et non d’un métrage précis.


Cette méthode fonctionne bien jusqu'à environ 12 mètres, mais il est évident que vous ne pas pratiquer une simulation pour une distance de 30 mètres !
Utilisez cette méthode avec parcimonie ( encore un corse celui-là) et , bien qu’autorisé, ne pas métrer de façon ostentatoire à la vue et au sus de tous.

Simulation et projection des distances pour les cibles
proches

Après avoir fait le tour des techniques de télémétrie, je peux vous dire que chacune d’entre elles à son utilité en fonction de la situation dans laquelle vous vous trouvez. Et pour rester simple, vous ne pourrez pas accéder au succès en adoptant uniquement l’une ou deux d’entre elles.


Bien souvent vous pouvez entendre que telle ou telle lunette est le choix idéal pour la pratique du HFT parce qu’elle offre une image parfaitement nette sur la totalité des distances qui s’étendent de 7m à 42 m, et moi je vous dis qu’une optique qui présente cette performance est probablement le pire choix que vous pouvez faire car il vous sera impossible d’utiliser la méthode précédente qui est la méthode des champions. (Estimation par défaut de parallaxe).


Tiens en parlant de champions, savez vous que la plupart utilisent systématiquement et sur chacun des postes, 3 des 9 méthodes connues.

Mélanger toutes les techniques

Dans cette plage de distances, il ne peut y avoir de piège de télémétrie Il est assez surprenant de voir qu’a courte distance, un grand nombre de tireurs (surtout les
débutants) n’ont pas conscience qu’il faille contre viser vers le haut de sorte qu’il est courant de rencontrer des HZ de petits diamètres entre 7m et 12m pour laisser moins de chance à ces tireurs.


De 13 à 14 m pour une hauteur de lunette de l’ordre de 4,5cm, vous pouvez viser le centre de la HZ.


N’oubliez pas de regarder les impacts laissés sur les cibles par les précédents tirs.

A ces distances le bracketing fonctionne assez bien aussi bien sur les HZ que sur la hauteur de la cible pour le moins que 10 mildots suffisent.

Les cibles très proches (14m et moins)

Ce sont généralement les distances les plus difficiles à estimer précisément. En contre partie il est vrai que pour un calibre 4.5mm à 16 joules, cette plage de distances offre l’avantage d’une courbe balistique assez plate et donc tolère d’avantage les erreurs.

De 16m à 27m, il suffit de viser le centre de la HZ (sans correction).
Les distances de 13-14m à 16-17m sont les plus difficiles à estimer, Sur les cibles standards, le bracketing demeure la meilleure méthode.

Les cibles à moyennes distances (de 14 m à 32m)

Ce sont probablement les cibles les plus faciles du parcours, même si la distance peut laisser à penser l’inverse.
Si vous avez correctement réglé votre lunette, vous devriez être en mesure de déterminer rapidement la distance des cibles qui se situent entre 38m et 42m (leur image est floue).


Il y à de fortes chances pour que toutes les HZ soient des 40mm, mais il faut faire attention de ne pas confondre les HZ de 40mm avec celles de 45mm ce qui est un des pièges fréquent tendu pour ceux qui pratiquent le Bracketing.


Pour éviter cela, utilisez une estimation par défaut de parallaxe puis vérifiez par les autres méthodes.

Toutes les méthodes doivent vous donner la même réponse au problème. 

Si le bracketing de la HZ donne 40 mètres, mais que les autres méthodes suggèrent une plus grande distance vous êtes probablement en présence d’un piège (HZ plus grande). En regardant plus précisément la face exposée de la cible, vous serez également en mesure de vous faire une idée quant au nombre de tireurs qui sont tombés dans le piège. (Nb de tirs trop bas).


Vous pouvez : soit décider de la tirer comme si elle était à 42m ou de prendre le paris de tirer comme si elle était à 39 mètres.
Les cibles entre 33 mètres et 37 mètres sont également difficiles à évaluer, mais heureusement, pour ces distances, les corrections de tir à apporter sont assez proches et du fait que les HZ sont assez grandes,elles peuvent absorber les erreurs d’évaluation.

Les cibles à longue distances (33 m à 42 m)

Il y a des moments où qu’elles que soient les méthodes utilisées, un doute vous taraude quant à la précision de vos estimations, toutes les méthodes donnent des estimations différentes.


Heureusement pour vous, la trajectoire d’un calibre 4,5 (en 16j) est raisonnablement plate de l’ordre de 1cm pour 10m à 1cm pour 4m, il y a donc des plages de distances plus tolérantes aux erreurs que d’autres.


Plus la cibles est éloignée plus la tolérance est faible. Si vous êtes capable d’établir une estimation à 4-5 m prés sur 42 m, vous risquez de commettre une erreur de l’ordre du cm soit 25% du diamètre mini autorisé pour HZ.


Si vous commettez la même erreur d’estimation à 30m elle représentera 5mm/25mm soit 20% pour une HZ de 25mm et 10% pour un HZ de 40mm.
Dans le cas ou vous êtes relativement perdu, jouer la carte de la chance, peut être la solution
de dernier recours.


Bien connaitre la courbe balistique que vous exploitez (ou au moins en avoir une copie sur un rappel mémoire peut vous aider à prendre la bonne décision, mais il est toujours préférable de tirer trop haut que trop bas car même si votre plomb se coupe en deux en frappant le bord du trou de la HZ, celle-ci basculera alors que pour un tir bas l’énergie nécessaire (grosseur du fragment) devra être bien plus importante.











Robert (Field Target.fr)

Lorsque tout à échoué, jouer la carte de la chance et de
l’instinct